Je m’appelle Peter Mather et je suis un photographe professionnel basé à Whitehorse, au Yukon. Je gagne ma vie en partant à l’aventure en quête d’instants à capturer sur la pellicule. Mais cette fois-ci c’est tout autre chose.

C’est la mission de rêve. J’ai eu la chance de passer 3 jours à photographier et à explorer la culture et l’histoire des Premières Nations du Yukon. Le Yukon est célèbre, dans le monde entier, pour son histoire de la ruée vers l’or. En 1896, on y a découvert de l’or et en quelques mois, sa population est passée de quelques centaines de non autochtones à 30 000 nouveaux résidents. Cependant, pour moi, la partie la plus intéressante de l’histoire du Yukon est l’histoire des gens qui y ont vécu pendant des milliers d’années. Les gens qui ont chassé, pêché et exploré ces terres depuis des centaines de générations.

Jour 1

Long Ago Peoples Place

Mon premier arrêt a été la reconstitution d’un village traditionnel autochtone appelé Long Ago Peoples Place. J’y suis passé plusieurs fois, mais c’était la première fois que je m’arrêtais pour une visite. Ce sentiment m’a rappelé l’époque où j’étais enfant et que je vivais en Colombie-Britannique. Par une chaude journée d’été, mes parents passaient devant un parc aquatique et je regardais par la fenêtre toute l’aventure et l’excitation et je souhaitais pouvoir y entrer. Cette fois, j’ai enfin pu me joindre à l’aventure.

Le village est une extension du paysage naturel. Tous les logements et objets traditionnels sont fabriqués à partir du territoire, de sorte que rien ne semble inapproprié. Mon guide, Harold, semblait lui aussi être une extension du territoire, de cet nature. Il m’a fait découvrir la région en me racontant les histoires des aînés et comment il a appris à créer des refuges traditionnels, des pièges à animaux, des collets et des vêtements.

Le point culminant a été l’explication et la conception complexes des traditionnels pièges à spermophiles (ou écureuils terrestres). Les pièges à écureuils, faits de babiche et de plumes d’aigle, étaient si légers qu’ils pouvaient transporter jusqu’à 60 pièges à la ceinture pendant leurs déplacements.

Shakat Tun Adventures

James Allen, of Shakat Tun Wilderness Camp on the beautiful Kluane Lake, transports us back in time with stories from the land, his people and his youth.

J’ai ensuite rencontré James Allen à Shakat Tun Adventures, qui signifie « sentiers d’été » en tutchone du Sud. Le camp se trouve dans l’un des endroits les plus magnifiques du Yukon, sur le lac Kluane, avec en toile de fond la deuxième montagne la plus pittoresque du Yukon – la montagne Sheep.

Au bord du lac, James a sorti sa boîte de présentation. Il l’a installé sur une table de pique-nique surplombant le lac et nous a présenté des objets culturels tels que des mocassins perlés, des fourrures d’animaux, des collets, des pièges, des couteaux et de l’obsidienne.

Le moment marquant était d’écouter les histoires racontées par James, un Aîné et un conteur naturel. James a partagé une histoire captivante sur la façon dont, lorsque sa mère était enfant, sa famille passait quelques mois l’été à chasser l’orignal. Ils se déplaçaient dans ces vallées désormais célèbres à la recherche de ces grands gibiers. Lorsqu’ils abattaient un animal, ils passaient des jours à faire sécher la viande et à la suspendre dans des caches surélevées au-dessus de la terre pour la protéger des charognards comme les carcajous et les grizzlis. Lorsque l’hiver arrivait, les jeunes hommes partaient avec leurs attelages de chiens pour retracer les pistes et ramasser la viande séchée qui les nourrirait pendant la saison froide.

Jour 2

Centre culturel Dänojà Zho

À chaque fois que je fais une halte dans une nouvelle ville, j’aime toujours visiter le centre culturel et en apprendre davantage sur l’histoire d’hier et d’aujourd’hui et d’y découvrir les Premières Nations locales. À Dawson City, je me suis donc rendu au Centre culturel Dänojà Zho. Kylie Van Every, membre de la Nation Tr’ondëk Hwëch’in et interprète, nous a fait une visite guidée lors de laquelle nous avons découvert l’histoire de son peuple.

Les Tr’ondëk Hwëch’in ont une histoire unique. Le récit sur la façon dont l’un de leurs célèbres chefs, le chef Isaac, a sauvé de nombreuses chansons traditionnelles des Premières Nations. Lorsque la ruée vers l’or du Klondike a soudainement été lancée en 1897/98, amenant du jour au lendemain trente mille non-autochtones sur le territoire traditionnel des Tr’ondëk, la culture locale fut confrontée à une grave menace. Le chef Isaac transmit alors plusieurs chansons de son peuple à leurs proches en Alaska et leur demanda de s’en souvenir parce qu’un jour, son peuple reviendrait pour les récupérer. On se souvient de lui pour son leadership et sa prévoyance. C’est l’une des nombreuses histoires extraordinaires que vous aurez la chance d’entendre au centre culturel Dänojà Zho.

Fishwheel Charters

Ensuite, dans l’après-midi, j’ai rencontré Dawn Kisoun et Tommy Taylor de Fishwheel Charters pour faire une excursion sur la rivière et visiter leurs chalets. Il n’y a pas de meilleure façon de passer la journée que de naviguer sur le fleuve Yukon en écoutant Tommy, membre de la Nation Tr’ondëk Hwëch’in, raconter des histoires sur leur culture et la signification du saumon alors qu’on navigue devant Dawson City. Par la suite, nous avons visité leur camp de saumon et leurs chalets le long de la rivière. Le fait saillant a été sans aucun doute le grand sens de l’humour de Tommy.

Jour 3

Carcross Learning Center – Haa Shagóon Hídi

Pour la dernière étape de la visite, cap sur Carcross, la pittoresque ville de montagne au Yukon. J’ai fait un arrêt au Haa Shagóon Hídi, qui est également leur centre culturel. La Première Nation de Carcross/Tagish, un peuple tlingit habitant dans les terres intérieures, est célèbre dans le monde entier pour son art. Visiter le centre d’apprentissage, c’est comme visiter une galerie d’art. Lors de la visite, j’en ai appris davantage sur l’histoire complexe des systèmes de clan utilisés par les peuples de Carcross/Tagish. Devant le bâtiment se dressent six mâts totémiques représentant chaque clan. Chaque mât totémique, comme les livres anciens, raconte une histoire unique.

Cette histoire culturelle est encore bien vivante aujourd’hui. C’est ce qu’on a appris lors de notre visite qui fut interrompue agréablement par un jeune chasseur local, Kashies James, qui aide à nourrir la communauté. Il arriva au centre d’accueil avec un touladi monstre sur le dos. C’était de loin le plus gros poisson que j’ai jamais vu. Il devait peser bien plus de 50 lb. Cette petite expérience, c’est ce qu’est le centre culturel. Un moyen de raconter l’histoire vivante.

Dakhká Khwáan Dancers

Après notre visite du centre, nous avons assisté à un spectacle du groupe Dakhká Khwáan Dancers – le premier de l’année, en raison des restrictions dues à la COVID-19. Si vous n’avez jamais vu de danseurs tlingit auparavant, vous manquez quelque chose de spécial. La force émotionnelle et le divertissement qu’ils apportent dans leur prestation sont sans précédent. Leurs tambours battent au rythme du Cœur de la Terre-Mère. Les regalia des danseurs sont si soigneusement travaillés qu’ils sont des œuvres d’art vivantes. Notre itinéraire de trois jours sous le signe de l’aventure et de l’histoire s’est ainsi achevé en beauté.

Pour obtenir une assistance dans la planification de votre évasion, vous pouvez également contacter notre agence de voyage partenaire, Indigeno Travel:

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Peter Mather

Peter Mather est un photojournaliste spécialisé dans la faune et la flore, basé à Whitehorse, au Yukon. Il utilise sa photographie et ses récits pour nous inspirer à être des humains empathiques, avec de la compassion envers les autres, notre environnement naturel et les animaux qui partagent cette belle planète avec nous.